[Critique livresque] Petit pays de Gael Faye

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J’ai choisi de lire ce roman dans le contexte du lycée. Etant en classe première L, on nous a proposé de participer au prix Goncourt des lycéens. Evidemment, comme j’adore écrire des critiques littéraires ce projet m’a tout de suite beaucoup plus. Parmi une liste d’un bon nombre de roman je me suis laissée tenter par « Petit pays » de Gaël Faye dont la très jolie couverture a attiré mon attention.

« Rien n’est plus doux que ce moment où le soleil décline derrière la crête des montagnes. Le crépuscule apporte la fraîcheur du soir et des lumières chaudes qui évoluent à chaque minute. À cette heure-ci, le rythme change. Les gens rentrent tranquillement du travail, les gardiens de nuit prennent leur service, les voisins s’installent devant leur portail. C’est le silence avant l’arrivée des crapauds et des criquets. « 

C’est avant tout l’histoire d’une enfance. L’enfance de Gabriel qui habite au Burundi dans les années 90 avec son père français et mère Rwandaise dans un confortable quartier d’expatrié. Gaby passe le plus clair de son temps à s’amuser avec les copains, voler les mangues de Mme Exarcopopulos, se baigner dans la rivière ou juste faire les quatre cent coup. Il fait d’abord face au divorce de ses parents puis à la monté de la haine qui gronde dans le pays. Bientôt son petit pays est bouleversé par les horreurs du génocide Rwandais. Gaby, ce petit garçon amoureux de la vie et un tentiné naïf, ne comprend pas pourquoi on lui demande de choisir un camp, entre Tutsi et Hutu. Malmené par l’histoire, ce petit garçon doit grandir bien plus vite que prévu.

« Des soldats hutus d’un côté, une famille tutsie de l’autre. J’étais aux premières loges de ce spectacle de la haine. « 

Je suis tombée sous le charme de ce petit Gaby, j’ai aimé être dans sa tête, suivre son fil de pensée. C’est un petit garçon pleins de ressource, attachant et surtout intelligent. Tout au long du roman il se pose des questions sur la vie, sur la guerre et sur ce qui l’entour. Ce roman est un mirage. On se laisse bercer par la vie d’un enfant en Afrique, et puis d’un coup, sans que l’on ne s’y attende, le ton change totalement. Il devient grave à l’image du carnage qui va suivre. Il n’y a plus cette légèreté, l’auteur nous expose un témoignage fort, dur, et juste. J’avoue avoir été surprise par ce changement si soudain qui survient à la fin du roman. La tension est montée crescendo, et d’un coup tout explose.

« Je n’avais pas d’explications sur la mort des uns et la haine des autres. La guerre, c’était peut-être ça, ne rien comprendre »

L’auteur Gael Faye expose le regard d’un enfant, son regard, sur un monde parfois barbare. A la lisière de l’autobiographie, il décrit dans son tout premier roman une enfance qu’il a connu avant de débarquer en France pour fuir la guerre civil et le génocide des tutsi. C’est à Paris qu’il commence à écrire des textes, puis il devient rappeur et forme le groupe Milk Coffee and suggar. De ce fait,  ce roman est d’autant plus touchant par la justesse de l’auteur sur chaque passage, chaque phrase qui retrace peut-être l’histoire de sa vie. Alors voilà c’est une lecture que j’ai beaucoup apprécié, elle est à la fois douce et dur, un hommage à un pays ancré dans le cœur de l’auteur dont les plaies n’ont pas fini d’être pansé. Magnifique et terrible.

As-tu lu ce roman ? Qu’en as-tu pensé ?

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2 réflexions sur “[Critique livresque] Petit pays de Gael Faye

  1. Généralement, j’ai de gros préjugés concernant les livres issu de la sélection Goncourt… Des gros pavés, surtout. Mais là, j’avoue être tentée même si le thème est assez dur…
    Aussi, je sais pas, ta chronique avait un truc en plus. Plus travaillée, mieux écrite, mais sans manquer de poésie. Par là, je ne veux pas dire que tes anciennes chroniques étaient nulles bien sûr que non mais on sent une amélioration avec celle-ci. M’enfin bon, je ne suis personne pour dire ça mais c’est ce que je ressens !

    Bisous ❤
    Vic'

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    • Il faut que tu oublies tous ces préjugés vraiment. La plupart des livres de la sélections ne sont pas plus gros que d’autres, ils traitent simplement de sujet bien différents et souvent plus durs. C’est d’ailleurs ce qui m’intéressent beaucoup en ce moment 🙂 Je te le conseil vraiment, il a beau être dur, paradoxalement c’est une bouffée de fraicheur ! ça me fait plaisir, j’espérais qu’elle soit plus travaillée 🙂 Des bisous ♥

      J'aime

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